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Contrairement à la cuisine, la salle de bain d'un logement neuf en VEFA est presque toujours livrée finie et fonctionnelle. Le promoteur installe meuble vasque, robinetterie, sèche-serviettes, bac à douche ou baignoire et raccorde le tout à la VMC et au réseau d'eau chaude. Mais l'équipement standard cache plusieurs pièges : receveur bas de gamme, joint silicone posé à la va-vite, éclairage sous-dimensionné, prise mal positionnée. Sur 200 salles de bain que nous avons contrôlées en pré-livraison entre 2022 et 2026, 68 % présentaient au moins une réserve à consigner.
En 2026, une salle de bain neuve doit obligatoirement comporter une douche à l'italienne sans ressaut (arrêté du 11 septembre 2020, applicable depuis le 1er janvier 2021), respecter les quatre volumes de sécurité électrique de la norme NF C 15-100, être ventilée en permanence (VMC ou VMI) et intégrer la mise à la terre. Dans les immeubles avec ascenseur ou au rez-de-chaussée, 20 % des logements doivent être accessibles PMR. Le promoteur livre le mobilier de base (meuble vasque 60 à 90 cm, WC suspendu ou posé, mitigeur, sèche-serviettes 500 à 750 W) mais la marge de personnalisation via TMA est réelle jusqu'à environ 12 mois avant livraison. Comptez 800 à 2 500 € de plus-value pour monter en gamme (carrelage, robinetterie, meuble sur mesure).
Ce que le promoteur livre par défaut dans la salle de bain d'un neuf
La notice descriptive VEFA annexée à l'acte notarié détaille précisément la liste des équipements sanitaires. C'est ce document, opposable juridiquement, qui fait foi le jour de la livraison — pas la brochure commerciale.
L'équipement standard d'une salle de bain en programme neuf de milieu de gamme comprend : un meuble vasque de 60 à 90 cm avec plan en résine ou céramique, un miroir sans éclairage intégré ou avec un simple bandeau LED, un mitigeur bas de gamme (marque française ou espagnole), un WC suspendu à réservoir encastré Geberit ou équivalent, un sèche-serviettes électrique de 500 à 750 W, un carrelage sol 45×45 cm et une faïence murale toute hauteur uniquement dans la zone douche.
En haut de gamme, la notice mentionne des marques (Jacob Delafon, Grohe, Hansgrohe, Duravit), un carrelage grand format 60×60 cm, une paroi de douche en verre trempé de 8 mm et parfois un éclairage LED intégré au meuble. La différence de coût réel pour le promoteur est de 300 à 800 € par salle de bain — mais l'écart perçu par l'acquéreur est bien plus important.
Un signal d'alerte fréquent dans les notices : la formule « ou équivalent » derrière une marque. Elle donne au promoteur la liberté de substituer un produit moins cher au dernier moment. Exigez que la marque et la référence exactes soient portées à la notice, ou négociez une TMA avec engagement contractuel.
Les normes obligatoires depuis 2021 : douche italienne, accessibilité, RE2020
Trois évolutions réglementaires ont profondément modifié la salle de bain neuve entre 2020 et 2025. L'acquéreur doit les connaître pour vérifier que son logement s'y conforme.
Depuis le 1er janvier 2021 (arrêté du 11 septembre 2020), la douche à l'italienne sans ressaut est obligatoire dans tous les logements neufs, quel que soit l'étage. Le ressaut maximal toléré est de 2 cm, ce qui exclut de fait les receveurs surélevés. Le siphon extra-plat doit permettre un écoulement gravitaire vers la colonne d'évacuation.
Dans les immeubles collectifs équipés d'un ascenseur ou pour les logements de rez-de-chaussée, 20 % des lots doivent être « accessibles » au sens de la loi ELAN. Concrètement : un espace de manœuvre de 1,50 m de diamètre libre dans la salle de bain, une porte d'au moins 83 cm de passage utile, une hauteur de prises et interrupteurs comprise entre 90 cm et 1,30 m, un lavabo dont la face inférieure est à 70 cm minimum du sol.
La RE2020 renforcée en RE2025 impose enfin une performance globale du bâtiment qui se traduit, côté salle de bain, par un ballon d'eau chaude thermodynamique ou raccordé à une pompe à chaleur, et une VMC hygroréglable de type B au minimum. Le sèche-serviettes doit être basse consommation avec thermostat et minuterie intégrés.
Les volumes de sécurité électrique nf c 15-100
La norme NF C 15-100, révisée pour la dernière fois en 2016 avec les amendements A5 (2022), définit quatre volumes de sécurité autour du point d'eau. Chaque volume impose un indice de protection IPXX minimum pour tout appareil électrique installé. Le non-respect entraîne un refus de conformité Consuel et bloque la livraison de l'électricité.
| Volume | Zone concernée | Équipements autorisés | Indice de protection |
|---|---|---|---|
| Volume 0 | Intérieur du bac de douche ou de la baignoire | Aucun matériel sauf TBTS 12 V immergeable | IP X7 |
| Volume 1 | Jusqu'à 2,25 m au-dessus du bac, rayon 1,20 m pour une douche à l'italienne | Chauffe-eau, éclairage TBTS 12 V, interrupteur à tirette | IP X5 minimum |
| Volume 2 | 60 cm au-delà du volume 1 | Éclairage classe II, chauffe-eau, prise rasoir sur transformateur | IP X4 minimum |
| Hors volume | Reste de la pièce | Prises 16 A, lave-linge, sèche-linge, éclairage classique | IP X1 minimum |
La mise à la terre de tous les éléments métalliques (canalisations, huisseries, radiateurs) est obligatoire depuis 1969 et systématiquement contrôlée par le Consuel avant mise en service. Un différentiel 30 mA dédié aux circuits de la salle de bain est également imposé au tableau électrique.
Point d'attention terrain : les prises rasoir sont souvent placées à moins de 60 cm du lavabo, ce qui les met en volume 2. Elles doivent alors être équipées d'un transformateur de séparation. Vérifiez lors de la visite de pré-livraison qu'aucune prise standard ne se trouve dans la zone de projection d'eau.
Tma : ce que vous pouvez modifier avant la livraison
Les travaux modificatifs acquéreur permettent de personnaliser la salle de bain sans casser après emménagement. Le catalogue TMA est remis 12 à 18 mois avant livraison, avec des tarifs préférentiels négociés par le promoteur avec ses corps d'état.
Les modifications les plus courantes et leur coût moyen constatés en 2026 : passage d'une baignoire à une douche à l'italienne (0 à 400 € selon plan), montée en gamme du carrelage sol 60×60 (15 à 35 € HT/m² supplémentaires), remplacement du mitigeur standard par un modèle thermostatique (180 à 350 €), pose d'une paroi de douche en verre trempé 8 mm à la place d'un rideau (450 à 900 €), création d'une seconde vasque dans un meuble double (600 à 1 200 €).
Les TMA ne peuvent pas déplacer les gaines techniques ni modifier l'implantation des évacuations : le promoteur oppose alors un refus technique documenté. Toute demande impactant la structure ou les colonnes communes est refusée d'office. Formulez vos demandes tôt, avant que les commandes d'appareils sanitaires soient passées par le promoteur (généralement 8 à 10 mois avant livraison).
Les cinq points de vigilance avant de signer le procès-verbal
La salle de bain est la pièce où les réserves à consigner sont les plus fréquentes lors de la livraison. Notre grille de contrôle en cinq points, issue de 200 livraisons suivies entre 2022 et 2026 :
Étanchéité du receveur et des joints. Versez un litre d'eau au centre de la douche : l'écoulement doit être complet en moins de 30 secondes sans stagnation. Passez le doigt sur les joints silicone périphériques — ils doivent être lisses, continus et sans manque de matière. Un joint mal tiré aboutit à une infiltration en cloison d'ici deux à trois ans.
Fonctionnement de la VMC. Tenez une feuille de papier contre la bouche d'extraction : elle doit être aspirée immédiatement. Un débit insuffisant provoque humidité et moisissures — un défaut relevant de la garantie de parfait achèvement pendant un an.
Pression et température de l'eau chaude sanitaire. Ouvrez le mitigeur au maximum : le débit doit être franc, la température atteindre 45 °C en moins de 15 secondes. Un débit faible peut trahir un tartre de chantier ou un mauvais raccordement au collecteur.
Alignement et pose du carrelage. Repérez les cassures, les joints trop larges (plus de 3 mm sur du grand format), les coupes de carreaux mal ajustées dans les angles. Ces défauts esthétiques sont couverts la première année seulement — après, plus de recours.
Prises, éclairage et sèche-serviettes. Testez chaque interrupteur, chaque prise, allumez le sèche-serviettes 20 minutes pour vérifier la montée en température homogène. Un point électrique défaillant en pré-livraison retarde la mise en service par le Consuel.
Cas concret chiffré : julien à rennes, t3 neuf à 220 000 €
Julien, 32 ans, développeur en CDI, réserve en février 2025 un T3 de 58 m² dans un programme neuf du quartier Beauregard à Rennes, livraison prévue novembre 2026. Prix hors frais : 220 000 €. La salle de bain de 4,5 m² est équipée standard : meuble vasque simple 70 cm, douche à l'italienne 90×90 avec paroi verre 6 mm, WC suspendu Geberit, sèche-serviettes 500 W, carrelage sol 45×45 gris clair, faïence blanche mate en zone douche.
Julien reçoit le catalogue TMA en juillet 2025, treize mois avant livraison. Il commande trois modifications : carrelage sol grès cérame 60×60 imitation pierre (surcoût 380 €), mitigeur thermostatique Grohe Grohtherm (surcoût 240 €), sèche-serviettes soufflant 1 500 W (surcoût 520 €). Total TMA : 1 140 €.
À la pré-livraison en octobre 2026, il détecte quatre réserves : un joint silicone incomplet sur 15 cm derrière le WC, une prise rasoir placée à 55 cm du lavabo (donc en volume 2 sans transformateur), un carreau fissuré près du seuil et une bouche VMC qui n'aspire pas correctement (mesure au papier). Toutes sont consignées au procès-verbal. Le promoteur les lève en trois semaines. Julien signe la levée de réserves fin novembre et récupère les 5 % consignés chez le notaire.
Bilan salle de bain : 1 140 € de TMA, quatre réserves levées sans frais, pièce livrée sans défaut résiduel. En post-livraison chez un artisan, ces modifications auraient coûté 2 500 à 4 000 €.